Petit Parisien - Marina Vlady, deux, trois choses que l'on sait d'elle

Paris -
Marina Vlady, deux, trois choses que l'on sait d'elle
Marina Vlady, deux, trois choses que l'on sait d'elle / Photo: Anne-Christine POUJOULAT - AFP/Archives

Marina Vlady, deux, trois choses que l'on sait d'elle

L'actrice Marina Vlady, décédée jeudi à 88 ans, a été nourrie par la culture russe familiale qui a influencé une riche carrière cinématographique et un important militantisme.

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Prix d'interprétation féminine à Cannes en 1963 pour "Le lit conjugal" de Marco Ferreri, Lady Percy dans le "Falstaff" (1965) d'Orson Wells et héroïne de Jean-Luc Godard dans "Deux trois choses que je sais d'elle" (1967), elle a été une égérie du cinéma italien et français.

Marlon Brando et Orson Welles l'ont courtisée, Jean-Luc Godard voulait l'épouser, Robert Hossein fut son premier mari, Vladimir Vissotsky, célèbre poète et chanteur russe, son troisième, avant qu'elle ne partage la vie du cancérologue Léon Schwartzenberg.

"J'ai eu quatre maris, beaucoup d'amants et trois fils. J'ai vécu à côté d'eux et, donc, quand j'écris, c'est pour eux, parce qu'ils sont près de moi, avec moi", écrivait-elle dans ses Mémoires "24 images/seconde" (2005).

Enfant de la balle, Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff grandit à Clichy où elle naît le 10 mai 1938, entourée de ses parents russes, arrivés en France après la révolution, et de ses trois soeurs, toutes vouées à une carrière d'artistes. Elles seront connues comme les "soeurs Poliakoff".

- Actrice précoce -

Sa mère est une ancienne danseuse, son père, aviateur engagé dans l'armée française en 1915, est chanteur à l'opéra russe de Paris, puis, après la crise de 1929, ouvrier à Clichy.

Elle travaille très jeune et quitte l'école à 12 ans. Petit rat de l'Opéra de Paris, elle tourne dès ses 10 ans pour le cinéma et remporte à 16 ans, le prix Suzanne Bianchetti - récompense de l'actrice la plus prometteuse - pour son jeu dans "Avant le déluge" d'André Cayatte (1954).

L'année suivante, elle épouse à 17 ans Robert Hossein, avec qui elle aura deux fils. Sous sa direction, elle tourne notamment "Les salauds vont en enfer", ou, avec lui, dans "Crime et châtiment" de Georges Lampin.

Ils forment un couple très en vue mais divorcent quatre ans plus tard. Elle se remarie avec l'aventurier Jean-Claude Brouillet, avec qui elle aura un autre fils. Avec ses soeurs, elle chante et obtient un certain succès.

En 1961, elle interprète "La Princesse de Clèves", avec Jean Marais, dirigée par Jean Delannoy. Le film, bien qu'assez académique, lui permet de montrer une image plus complexe.

En 1969, elle épouse à Moscou Vladimir Vissotsky et part s'installer en URSS jusqu'à sa mort en 1980, après une vie d'excès et de persécution politique. Elle tirera de cette relation un livre publié en 1987, "Vladimir ou le vol arrêté", ensuite adapté en spectacle.

- L'avortement, les sans-logis et les sans-papiers -

Outre des films d'auteur, elle tourne dans les années 1970 des comédies populaires comme "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" de Jean Yanne, "Sept morts sur ordonnance" de Jacques Rouffio et "Que la fête commence" de Bertrand Tavernier.

Au total, elle joue dans près de 80 longs-métrages et quelques téléfilms notables, notamment "Victoire ou la douleur des femmes" avec Marie Trintignant.

Sur les planches, elle incarne, avec ses sœurs, l'une des "Trois sœurs" de Tchekhov (1969), son "plus grand bonheur d'actrice". Elle joue la poétesse Marina Tsvetaïeva dans "Le passage" (1997), et, en 2007, dans un spectacle pour Vissotsky, tiré du livre qu'elle lui a consacré.

Féministe engagée à gauche, elle signe en 1971 le "manifeste des 343 salopes" pour le droit à l'avortement. Avec Léon Schwartzenberg, ils créent le DAL, l'association pour le droit au logement et soutiennent la cause des mal-logés, la liberté des substituts aux drogués et la liberté à l'euthanasie.

C.Barbier--PP