Tour d'Italie: Segaert s'impose, journée parfaite pour la formation Bahrain
Journée parfaite pour la formation Bahrain au Tour d'Italie: le rouleur belge Alec Segaert a remporté une 12e étape animée et son coéquipier Afonso Eulalio a conservé le maillot de leader, grappillant même quelques secondes sur Jonas Vingegaard, jeudi à Novi Ligure.
Sur les terres de la légende Fausto Coppi, Segaert (23 ans), vainqueur du Grand Prix de Denain en mars, a placé une attaque tranchante à un peu moins de trois kilomètres de l'arrivée et a réussi à conserver quelques longueurs d'avance pour s'imposer devant le peloton, réglé par Toon Aerts (Lotto), devant Guillermo Thomas Silva (Astana).
"C'est une victoire importante pour l'équipe, le moral est au beau fixe avec le maillot rose, et j'ai quand même pu jouer ma chance, je remercie l'équipe", a souri Alec Segaert, qui partage sa chambre sur ce Giro avec Afonso Eulalio, le leader du général.
"On avait étudié le parcours pour voir où on pourrait placer une attaque dans le final, donc j'avais vu avant même la course qu'il pourrait y avoir une possibilité", a poursuivi le Belge.
"Après, il peut y avoir 1.000 scénarios différents, il faut aussi savoir s'adapter, mais aujourd'hui tout s'est déroulé comme on l'avait prévu."
Cette étape longue de 175 kilomètres aurait pu sourire aux sprinteurs, avec seulement deux côtes de 3e catégorie au programme, assez éloignées de l'arrivée.
Mais sous l'impulsion notamment de l'équipe Movistar, à l'ouvrage dans les montées, les costauds du peloton ont tous été distancés et n'ont pas réussi à revenir sur la tête.
- Dégâts chez les sprinteurs -
Sous les premières chaleurs (29°C), la première partie du parcours empruntait la via Aurelia, mais dans le sens inverse de Milan-Sanremo. Le peloton n'a toutefois pas trop eu le loisir d'admirer les magnifiques paysages de la côte ligure puisque de multiples échappées ont animé la course.
Au pied de la première difficulté, six hommes étaient encore en tête mais la Movistar a pris les choses en main dans le Colle Giovo (11,4 km à 4,2%) pour opérer la jonction, non sans provoquer de premiers dégâts chez les sprinteurs.
La plupart ont réussi à rentrer avant le début de l'ascension du Bric Berton (3e catégorie 5,5 km à 5,9%), mais la Movistar a poursuivi son travail de sape.
Paul Magnier et Jonathan Milan ont de nouveau été lâchés et pensaient avoir limité les dégâts, basculant avec moins d'une minute de retard au sommet.
Mais malgré l'appui de plusieurs de leurs équipiers, leur petit groupe de chasse n'a jamais réussi à revenir sur le peloton.
A quelques kilomètres de l'arrivée, le leader du général Afonso Eulalio, voyant que les sprinteurs étaient absents, s'est même permis d'aller chercher six secondes de bonification au dernier sprint intermédiaire. Il compte dorénavant 33 secondes d'avance sur le Danois Jonas Vingegaard, deuxième.
"J'étais hésitant mais j'ai vu que les autres coureurs n'étaient pas intéressés, donc pourquoi pas, c'était quelques secondes de bonus", a expliqué Eulalio. "Maintenant j'ai un peu plus de 30 secondes d'avance sur Jonas (Vingegaard), je ne pense pas que ce sera assez, mais on verra, je vais continuer à me battre."
Le Portugais devrait encore conserver le maillot rose vendredi, mais samedi risque d'être compliqué pour lui avec une grosse étape de montagne et cinq ascensions, entre Aoste et Pila.
M.Giraud--PP